Retraite d’État : qui a la pension la plus basse au monde ?

120 euros. C’est le montant mensuel moyen d’une pension d’État en Moldavie, d’après les chiffres récents de la Banque mondiale. À l’autre bout de l’échelle, le Luxembourg dépasse les 2 000 euros. Sur le continent, plusieurs gouvernements ont durci les règles en relevant l’âge légal de départ à la retraite à 67 ans, tandis que d’autres préfèrent ajuster selon les années cotisées ou la pénibilité des parcours professionnels.

Pourtant, malgré des réformes à la chaîne, certains pays persistent à maintenir des pensions minimales largement inférieures au seuil de pauvreté. Le fossé reste abyssal avec les systèmes scandinaves ou ceux de l’Europe de l’Ouest, où la protection des anciens est sans commune mesure.

Panorama mondial des systèmes de retraite : grandes tendances et disparités

Le paysage mondial des systèmes de retraite expose des écarts saisissants. D’un côté, les pays nordiques soignent leur filet social. De l’autre, l’Est européen compose avec des pensions faméliques. En chiffres, la Moldavie délivre la pension d’État la plus basse d’Europe : 120 euros mensuels, d’après la Banque mondiale. À l’opposé, le Luxembourg accorde plus de 2 000 euros en moyenne par mois.

La France se situe dans la tranche supérieure, mais un fait demeure : plus de la moitié de ses retraités vivent avec moins de 1 200 euros chaque mois, selon l’INSEE. L’Union européenne tente d’harmoniser, mais les différences persistent. Le Portugal, par exemple, garantit une pension de base bien plus basse que ses voisins du nord. Résultat : un taux de pauvreté élevé chez les seniors.

Voici comment se structurent les systèmes à travers le monde :

  • Europe de l’Ouest : dispositifs contributifs et complémentaires, couverture large.
  • Europe de l’Est : pensions modestes, taux de remplacement faibles, solidarité familiale indispensable.
  • Asie et Afrique : couverture fragmentée, la majorité des personnes âgées sans véritable pension.

Le montant d’une pension de retraite dépend du marché du travail, du taux d’activité, mais aussi de l’espérance de vie et des parcours professionnels. Le vieillissement démographique accélère la pression sur les systèmes européens. Les États arbitrent en permanence entre solidarité et équilibre budgétaire, au gré des réformes et des crises.

À quel âge part-on à la retraite selon les pays européens ?

Au sein de l’Union européenne, l’âge légal de départ à la retraite ne cesse d’évoluer. La France a récemment fixé la barre à 64 ans, provoquant débats et contestations. Au Portugal, il faut aujourd’hui attendre 66 ans et 4 mois, tandis que le Luxembourg demeure à 65 ans. Mais la réalité, c’est que nombre de travailleurs quittent le marché du travail plus tôt, épuisés par des carrières longues ou des emplois pénibles, parfois via des dispositifs d’aménagement.

Quelques exemples concrets permettent d’apprécier la diversité des situations :

  • En Allemagne : départ légal à 66 ans.
  • En Italie : 67 ans, mais les retraites anticipées restent courantes.
  • En Pays-Bas : 66 ans et 10 mois, avec une évolution progressive selon l’espérance de vie.

Mais l’âge effectif de départ diffère souvent du seuil légal. Eurostat indique que, dans la plupart des pays d’Europe occidentale, on part entre 61 et 63 ans en moyenne. Les femmes, elles, quittent généralement le travail plus tard que les hommes, héritage de carrières interrompues et de temps partiels imposés.

Dans les pays où la pension de retraite reste faible, nombreux sont ceux qui continuent à travailler au-delà de l’âge légal par nécessité. L’allongement de la vie, la pression sur les régimes publics et les débats sur la solidarité entre générations occupent désormais une place centrale dans la réflexion collective.

Qui touche la pension d’État la plus basse en Europe et dans le monde ?

Les écarts entre pensions d’État ne cessent d’interpeller. En Europe, certains pays d’Europe centrale ou orientale plafonnent à 200 voire 300 euros de pension mensuelle, selon Eurostat. La Bulgarie fait régulièrement figure de mauvais élève, très loin derrière le Luxembourg ou même le Portugal.

Ces différences s’expliquent par la structure des systèmes de retraite, le niveau de vie général et la part du budget consacrée à la protection sociale. Hors Union européenne, la situation peut virer à la survie : en Afrique subsaharienne ou en Asie du Sud, la pension d’État ne couvre même pas les besoins de base. Là, la solidarité familiale et les petits boulots deviennent la norme pour les plus âgés.

La France n’est pas la plus mal lotie, mais le taux de pauvreté parmi les retraités, surtout chez les femmes, rappelle qu’aucun système n’est à l’abri des inégalités. En Europe occidentale, seuls les Pays-Bas ou le Danemark réussissent à garantir des planchers élevés grâce à des régimes universels. Finalement, la pension de retraite reflète moins un acquis social qu’une série de choix collectifs et financiers.

Homme âgé lisant un relevé de pension dans un parc

Réformes récentes : comment les pays tentent d’améliorer la situation des retraités

Depuis plusieurs années, la réforme des retraites occupe une place centrale sur l’agenda politique. Face à la hausse de l’espérance de vie et à la précarité d’une partie des retraités, certains gouvernements ont entrepris des changements de fond. En France, on a rehaussé l’âge légal de départ et allongé la durée de cotisation. Au Portugal, un mécanisme d’ajustement automatique lie l’âge de départ à l’évolution de l’espérance de vie.

D’autres pays se sont concentrés sur la hausse des pensions minimales : au Luxembourg, les réformes récentes renforcent le système public et introduisent des compléments pour garantir un taux de remplacement satisfaisant. Certains États d’Europe centrale ont tenté de diversifier les financements, entre capitalisation et répartition, mais les résultats restent très hétérogènes, et l’insécurité sociale demeure pour les plus vulnérables.

Sous l’impulsion des syndicats et de la société civile, plusieurs gouvernements ont aussi revu leurs critères pour mieux prendre en compte les interruptions de carrière, notamment liées à la maternité ou au temps partiel subi. Les progrès sont réels, mais les écarts entre les genres, eux, n’ont pas disparu.

Voici les leviers les plus fréquemment actionnés par les pays ces dernières années :

  • Relèvement de l’âge légal de départ
  • Augmentation du minimum vieillesse
  • Réduction des écarts entre hommes et femmes
  • Introduction de régimes complémentaires

Les statistiques publiques et les études internationales le confirment : instaurer un système universel relève du défi permanent. Chaque pays trace sa voie, au gré de ses ressources, de son histoire sociale et de ses choix collectifs. Et le débat, loin de s’éteindre, ne fait que commencer.